C'est, j'imagine, toujours un peu étrange de tourner une page pour passer à une nouvelle étape. Je l'ai déjà fait par le passé, on s'habitue toujours très vite à une nouvelle vie, je n'ai pourtant jamais trouvé la partie des Adieux difficiles.
Ma première rupture fut avec Lille, soyons honnête, mes années étudiantes à Lille étaient plutôt synonyme de glandage et de tentative de se trouver d'une façon ou d'une autre. Bref, ma première rupture avec cette ville n'avait pas été simple. J'avais eu la sensation de me laisser là-bas sans raison. Finalement je n'avais laissé derrière moi qu'une image de moi-même erronée, je crois qu'à Lille j'ai surement laissé derrière moi mon adolescence tout simplement.
Ma seconde rupture? Tokyo, vous me direz: un stage de 2/3 mois ça ne se considère pas comme une rupture. Ca l'était cependant pour moi. J'y avais trouvé quelque chose que je recherchais depuis longtemps. Encore une fois je n'avais pas complètement comprit ce quelque chose que je laissais derrière moi mais j'avais alors l'intime conviction qu'il me fallait le retrouver, retourner au Japon peut-être après mes études.
Mes prochaines ruptures, elles, n'ont, cependant, jamais représenté un moment difficile de ma vie. Des étapes simplement, la peine que j'avais éprouvé par le passé n'était, étrangement, plus présente. L'habitude peut-être? Ou j'avais peut-être changé? Ou simplement parce que ces pays ne me convenaient pas?
Quand j'ai laissé Breda, aux Pays-Bas, derrière moi, j'ai tout de même eu un pincement au coeur, il faut dire que derrière moi je laissais cette fois des amis proches et une vie simple dont j'aurai surement put me contenter. Le problème résidait simplement dans le pays: j'avais déjà l'intime conviction que les Pays-Bas n'étaient pas pour moi cependant j'ai persévéré pour...pire! Eindhoven... La ville qui, je crois, m'a le moins représenté et dans laquelle je me suis perdue. A laisser derrière moi mes amis je me suis concentrée sur un emploi qui m'a finalement petit à petit mangée de l'intérieur. Quelle chance cependant d'avoir eu ces fameux congés et d'avoir rencontré Robb. Après son arrivée le départ d'Eindhoven a été relativement facile, un réel soulagement, je quittais un enfer pour partir en Angleterre le temps que nous mettions en place notre projet.
En arrivant dans le Nord de l'Angleterre nous avions, tous les deux, tout à fait compris que ce pays n'était pas pour nous tout comme ce continent. En plus de notre besoin de voyage nos envies ne correspondaient simplement pas à cet environnement et au vieux continent.
L'année en Angleterre (et demi) n'a pas été des plus simples. Jamais d'intégration totale je me suis cependant adaptée au possible mais plus important je crois: je me suis trouvée.
C'est en Angleterre que j'ai compris que mes envies de carrière, de réussite et de "grande ville" n'étaient que des chimères de jeune femme qui se cherchait encore. Au final tout ce dont j'avais réellement résidait bel et bien dans l'idée de parcourir le monde, de trouver ma place et de m'y installer, de faire mon trou avec ma moitié et de ne rien avoir à demander aux autres. Ces dernières années on m'a souvent appelée "hippie", et même si je ne contiens toujours pas facilement mes colères (mauvais caractère!), je vois de plus en plus le rapprochement. En bref, mon départ de l'Angleterre n'a pas été difficile, plutôt simple et sans regret. Il faut dire que je n'ai pas laissé grand chose derrière, que je me suis dépossédée de la majorité de mes possessions mais que j'ai emporté avec moi ce qui me semble nécessaire: ma santé, l'homme que j'aime, mon appareil photo, mon sac à dos, une peluche husky et une peluche pingouin (parce que je suis une grande gamine), mon ordinateur.
Ce départ d'Angleterre m'a embarqué en France pour deux semaines avant notre grand départ au Vietnam, début de notre tour d'Asie.
Je l'avoue, j'ai parfois des doutes: est-ce que tout se passera bien? Est-ce que je ne vais pas me lasser de découvrir les merveilles que ces pays ont à offrir (ha ha ha)?
Cependant je crois que je ne regretterai pas la France, l'Europe, l'Angleterre. La France et mes Ardennes sont un souvenir que je n'oublierai jamais. Les Ardennes, ma famille, le sol sur lequel je suis née, mes traditions. J'ai peut-être tord, je rêverai peut-être de vivre à nouveau dans ce pays par la suite. Mais à l'heure actuelle je suis heureuse, "in a good place", ma vie me plait et l'aventure nous attend.
Les départs semblent toujours difficiles au départ. Mais étonnamment ils sont toujours nécessaires et sont, très souvent, le bon choix. Ils l'ont toujours été pour moi.
Peu importe ce que l'avenir nous réserve. Profitons donc de ce monde et des possibilités qui s'ouvrent à ceux qui les saisissent. Nous avons saisit la notre, un voyage qui ne sera pas toujours simple, des milliers de moustiques qui nous attendent, des chutes en moto, des estomacs contrariés et j'en passe, mais nous avons choisit une route qui, nous l'espérons, sera merveilleuse et, au pire des cas, nous apprendra surement beaucoup de choses sur nous même.
Je vous souhaite de trouver votre route mes amis, lecteurs, votre route vers le bonheur.
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